Alejandro Jodorowsky

Alejandro Jodorowsky

    Un auteur pas comme les autres !

Alejandro Jodorowsky est né en 1929 le 7 février d’une famille juive réfugiée à Tocopilla au Chili pour fuir les pogroms.

Il a réalisé une dizaine de films, publié une trentaine de livres et une centaine de bandes dessinées, mais c’est avant tout un thérapeute dans l’âme. Voici son parcours atypique qui l’a amené à mettre au point sa propre méthode de psychogénéalogie, l’ « aboutissement d’une vie entière ».

En France, on le connait chez les jeunes pour ses bandes dessinées, chez les adultes de la génération 68, pour ses films et dans le milieu des thérapies nouvelles, on le connait pour son travail sur le tarot de Marseille et la psychogénéalogie.

En 48, alors âgé de 18 ans, il était déjà très attiré par la psychologie et la philosophie. Après son BAC, il s’est inscrit à l’institut pédagogique de l’université du Chili. Il en sort avec un diplôme en philosophie des mathématiques et en histoire de la culture. Un jour, un professeur américain est venu expliquer les moyens d’adapter l’homme aux machines. Il s’est alors consacré à une activité artistique assez particulière : les marionnettes. Il a fait ses premières mises en scènes publiques avec des marionnettes qui représentaient son père, sa mère, sa sœur et d’autres membres de sa famille. Ses saynètes ressemblaient déjà à du psychodrame familial et furent pour le moins novatrices pour l’époque.
Au début des années 50, les médecines parallèles n’étaient pas très répandues, il y avait tout à découvrir. C’est à cette période qu’il s’est passionné pour l’expression corporelle et qu’il s’est vite posé la question suivante : si les émotions provoquent des postures, une posture peut-elle déclencher une émotion ?

En travaillant avec le mime Marceau, il assiste aux cours de philosophie de Gaston Bachelard et fréquente les surréalistes, amis d’André Breton. Une alchimie qui lui a permis d’aller de plus en plus loin. En travaillant avec Marcel Marceau il a étudié le yoga tantrique, la médecine chinoise, la kabbale… Des surréalistes, il a appris à desserrer l’étreinte du rationnel pour entrer en contact avec son inconscient, à en faire un allié. Il fait aussi la découverte des œuvres de Jung qui l’a beaucoup aidé. Quant à Bachelard, il l’a ouvert à l’alchimie. Cet apprentissage effectué, en 1965, il s’est envolé pour le Mexique où, en dix ans, il a mis en scène plus d’une centaine de pièces.

Alejandro Jodorowsky

Le tarot l’a toujours accompagné dans sa vie à travers des rencontres de femmes qui utilisaient cet art divinatoire et ce, dès sa période d’étudiant au Chili. Puis un jour, André Breton lui ouvre la voix du tarot de Marseille en lui expliquant pourquoi ce jeu est le seul et authentique support riche de toutes les facettes visibles et invisibles de la constitutions psychologique humaine. Puis il a travaillé sérieusement avec en évitant l’aspect purement voyance pour l’utiliser uniquement en tant qu’outil de développement personnel. Il en dit ceci : « C’est un véritable miroir de notre structure psychique, un immense Mandela de soixante-dix-huit cartes qui évoque tout ce qu’un être humain peut vivre. Voilà pourquoi il permet d’accéder à notre inconscient et nous aide à trouver les réponses en nous ».
Il estime que le tarot est un état d’esprit, une expérimentation d’un état de conscience qui pousse à faire disparaitre l’égo et devenir le serviteur de l’œuvre, d’une force universelle dont il s’est toujours servi pour ses créations.

Ses réalisations

Apparait « La psychomagie ». C’est une technique qu’il a inventée il y a une quarantaine d’années pour aider les gens à se délivrer de certains blocages inconscients que leur imposent leur famille, la société, la culture ou l’histoire. Mais, contrairement aux autres thérapies psychologiques, la sienne est complètement gratuite. Il aide seulement les gens à être eux-mêmes et complètement eux-mêmes.
Lors d’une séance, il essaie de découvrir des limites inconscientes qui font souffrir celui qui le consulte.

Il tente de déterminer l’héritage psychologique qui se répète de génération en génération. Il est à l’origine du terme « psychogénéalogie » tellement populaire aujourd’hui. Pour lui, la famille est un clan qui fonctionne selon son propre code. Il se sert des Tarots pour trouver les éléments les plus enfuis, qui résistent à la parole et qui ne manquent pas de causer des souffrances et des blocages. Il explore en parallèle l’histoire personnelle de la famille parentale et des grands-parents. Il crée la « métagénéalogie » qui prend en compte le futur. Non seulement le futur individuel mais aussi celui de l’humanité. Il part du postulat que (je le cite) : « l’humanité a un sens et une finalité dont nous devons tenir compte. Et aujourd’hui plus que jamais, car nous sommes parvenus à un point de notre histoire où l’on voit poindre les prémices d’une transformation de la conscience, d’un changement de paradigme, si ce n’est une mutation globale. Et aucune guérison, individuelle ou collective, ne pourra se faire sans une mutation de notre conscience ».

A lire : Métagénéalogie d’Alexandro Jodorowsky et Marianne Costa (Albin Michel).

[toggle title= »Livres de Jodorowsky sur le tarot : »]

  • La Voie du tarot, en coécriture avec Marianne Costa Albin Michel, Paris, 2004 (ISBN 2-226-15191-5)
  • Le Chant du tarot, Le Relié, Gordes, 2004 (ISBN 2-914916-45-0)
  • Symbolique du tarot, Emeria, 2001, Gencod : 3760051680107 (cédérom)[/toggle]

[toggle title= »Documentaires consacrés à Jodorowsky »]

 

Qui était Papus ? Découvrir son œuvre, sa vie, lire l’article.

Qui était Oswald Wirth ? Découvrir son œuvre, sa vie, lire l’article.

Qui était Oswald Wirth

Qui était Oswald Wirth

L’enfance d’Oswald Wirth

Son nom complet c’est Joseph Paul Oswald Wirth. Il est né à Brienz en Suisse le 5 août 1860. Il a trois frères, deux meurent en bas âge, et Edward, officier de zouaves, périt au champ d’honneur en 1894. Une sœur, Élise, née en 1875, fut la compagne d’Oswald de sa jeunesse jusqu’à sa mort.

Sa personnalité

Il est réputé pour être un contestataire en matière de dogmes. Ce qui lui vaut à l’adolescence de se faire renvoyer par les pères du collège de St Michel de Fribourg. Devenu adulte, il n’accepte pas les courants de pensées du plus grand nombre. Il s’oppose, veut réformer et faire valoir les traditions. Ce qui lui confère une grande force de caractère, d’opiniâtreté, et un sens aigu du courage. Notamment, lorsqu’il rentre chez les franc-maçons en 1884, il s’insurge du manque d’implication des Compagnons et Maitres et il appelle au réveil des traditions ancestrales et à la rénovation. Il réforme le rituel interprétatif pour le grade d’apprentis qui fut pleinement approuvé. Il rédige le livre « l’Apprenti » dont le texte est pratiquement celui qui existe aujourd’hui.
C’est un être doué de conviction et de ténacité. Sensitif et magnétiseur à ses heures, il magnétise une femme malade qui lui prédit sa rencontre avec un homme blond aux yeux bleus. Elle lui dit qu’il recevra un courrier scellé de rouge de cet homme et que cette rencontre sera capitale et bouleversera le cours de sa vie. Il pense que ce n’est là qu’une autre élucubration de femme amoindrie par la souffrance.

Sa vie son Œuvre

Il passe 3 ans en Angleterre et revient en France où il effectue son service militaire à Châlons-sur-Marne. En 1884, il est initié à la Bienfaisance Chalonnaise. Là aussi, il réforme les rituels. Il entreprend de les rendre plus accessibles tout en restant dans les traditions initiatiques les plus authentiques.
Il rentre à Paris et il rencontre Stanislas de Guaita. Puis il se souvient de la prédiction, cette rencontre à été initiée par une lettre scellée de rouge envoyée par Stanislas lui même. Il l’informa qu’il souhaitait le rencontrer. Lors de ce rendez-vous, il tombe littéralement sous le magnétisme de cet homme cultivé, subtile. Stanislas devient son ami, son protecteur… Stanislas lui demande de devenir son secrétaire. Oswald l’admire et voit en lui un maitre à penser. Il lui enseigne les mystères de la Kabbale et la haute métaphysique. Étant donné ses talents de dessinateurs, Stanislas lui demande de restituer les 22 Arcanes du tarot et lui fournit 2 tarots, l’un français, l’autre Italien ainsi que l’ouvrage capital, « Dogme et Rituel de la Haute Magie » d’Élyphas Lévi. Oswald se sent redevable à Stanislas de sa formation intellectuelle. Il dit lui-même de ce dernier : je le cite :

« Lorsqu’il voulut bien me prendre en amitié, je n’étais qu’un élémentaire manieur de fluide obtenant des résultats empiriques mais très pauvre en notions raisonnées. Gaita possédait la lumière qui me manquait… »

Il fonde en 1912 la revue Le Symbolisme qui portait à ses début, le sous-titre d’Organes du mouvement universel de régénération initiatique puis celui d’Organe d’initiation à la philosophie du grand art de la construction universelle. 244 numéros de 1912 à juin 1940.

Ses adhésions

En effet, il fut initié en Franc-maçonnerie le 28 janvier 1884 à La Bienfaisance Châlonnaise. De sa rencontre avec Stanislas de Guaita, il s’affilie à la loge Les Amis Triomphants. Insatisfait, en 1889, il s’affilie à la loge Travail et Vrais Amis Fidèles de la Grande Loge symbolique écossaise, dont il sera plusieurs fois le Vénérable Maître. Cette loge rejoindra la Grande Loge de France fin 1898.
Il appartenait à un groupe d’occultistes du genre « scientifique », qui comprenait Ernest Britt (le second mari de Mme Dina) Pierre Vincenti (sous le pseudonyme de Piobb, auteur de Le secret de Nostradamus et d’un Formulaire de Haute Magie) Francis Warrain et le Dr. Rouhier, directeur commercial des Éditions Véga, tous hostiles à René Guénon.

Oswald Wirth meurt le 9 mars 1943. Il est enterré à Poitiers au cimetière de Mouterre-sur-Blourde. Il a été le modèle du personnage du franc-maçon Lengnau dans le roman de Jules Romains Les hommes de bonne volonté.

Voici un extrait concernant les symboles, tiré du Tarot des Imagiers du Moyen Age que je trouve particulièrement intéressant à vous faire partager :

Dès que l’on parvient à faire parler les symboles, ils dépassent en éloquence tous les discours, car ils permettent de retrouver la Parole perdue, c’est-à-dire l’éternelle pensée vivante dont ils sont l’expression énigmatique. Déchiffrez les hiéroglyphes de la profonde sagesse muette commune aux penseurs de tous les âges, et, des religions, des mythes et fiction poétiques, vous dégagerez des notions concordantes relatives aux problèmes qui ont toujours préoccupé l’esprit humain. Les symboles nous révèlent poétiquement des conceptions trop éthérées pour se prêter à la détermination étroite des mots. Tout ne saurait se ramener à la prose des argumentateurs et des avocats ; il et des choses subtiles qu’il faut sentir et deviner avec les adeptes de cette philosophie sagaces des symbolistes du Moyen Age, qui réagirent contre la scolastique esclave des mots.

Œuvres d’Oswald Wirth

  • Le Tarot des imagiers du Moyen Âge, Éd. Tchou (ISBN 978-2710707288)
  • Le symbolisme hermétique dans ses rapports avec l’Alchimie et la Franc-maçonnerie, Éd. Dervy (ISBN 978-2850765322)
  • Le symbolisme astrologique: planètes, signes du zodiaque, maisons de l’horoscope, aspects, étoiles fixes, Éd. Le Symbolisme, Paris, 1937 (nouv . éd.: Éd. Dervy (ISBN 978-2850765063))
  • Les mystères de l’art royal – Rituel de l’adepte, Éd. Dervy (ISBN 978-2850769689)
  • L’imposition des mains et la médecine philosophale, Éd. Guy Trédaniel (ISBN 978-2857070078)
  • La Franc-maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, trois tomes, Paris, Éd. Dervy (ISBN 978-2850763762), (ISBN 978-2850765001), (ISBN 978-2850765490)
  • Le livre de Thot comprenant les 22 arcanes du Tarot 1889.
  • L’ideal initiatique (1923) (édition complétée en 1927,Éd. Le Symbolisme, Paris)
  • Le serpent Vert (Conte symbolique de Goethe traduit et commenté par Oswald Wirth 1935, Éd. Dervy (ISBN 978-2-84454-009-6)
  • Qui est régulier ? Le pur maçonnisme sous le Régime des Grandes Loges inauguré en 1717, Éd. Le Symbolisme, Paris 1938.
  • Stanislas de Guaïta – Oswald Wirth, L’occultisme vécu: souvenirs de son secrétaire, Éd. Le Symbolisme, Paris 1935.]
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